Le journalisme au défi du sarkozysme

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La question de la relation entre l'actuelle présidence et les médias français ne recouvre pas seulement celle de l'indépendance des journalistes. Au-delà de l'impérative nécessité d'échapper à un agenda informatif contrôlé par le pouvoir, il y a un enjeu encore plus essentiel : celui de la vérité factuelle face aux fictions politiques.

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Tout est résumé à la page 44 de L’aube le soir ou la nuit, ce portrait de Nicolas Sarkozy en candidat par Yasmina Reza, paru l’automne dernier chez Flammarion. Voici ce que la dramaturge écrit : « Quelques jours plus tard, le même Laurent me dira, la réalité n’a aucune importance. Il n’y a que la perception qui compte ». Laurent, c’est Laurent Solly, alors directeur adjoint de la campagne du futur président de la République et, depuis, recasé dans les hautes sphères de TF1, la chaîne de télévision du groupe Bouygues. Quant à cette confidence, elle est un terrible défi lancé à la face du journalisme dont l’actualité vient encore d’être illustrée par la conférence de presse élyséenne du mardi 8 janvier.