Dans le quartier parisien Aligre (3/3): le mythe du «village»

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Sur la place d’Aligre, une petite mairie trône et autour d’elle se déploie chaque jour un marché. « C’est un village ici, c’est resté populaire », répètent à l’envi les «gentrifieurs». Dernier volet de notre série.

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Jean est tous les matins au bistrot d’Aligre. Au comptoir, le café est à 1,50 euro et une affiche encadrée annonce « Trois cafés par jour font baisser la mortalité ». « Monsieur Jeannot, on l’a trouvé quand on a racheté le bar », plaisante le gérant. Après trois cafés, il prendra une bière, sur les coups de onze heures. Certains jours, il ira jouer au tiercé au bar-tabac d’en face avant d’aller faire un tour sur le marché. Là, il est salué par Didier, l’un des éboueurs du quartier. « C’est un pilier, Jeannot, il a toujours été là », commente-t-il, avant de retourner dans le local des agents de la ville de Paris. Plus exactement, Jean est arrivé de sa Creuse natale à Paris dans les années 1970. Après un an passé chez sa sœur dans le IIIe arrondissement, il trouve refuge dans le XIIe, dans le quartier d’Aligre qu’il trouve « très bien »