Le NPA toujours divisé sur sa candidature à la présidentielle

Après le désistement d'Olivier Besancenot, le conseil politique du NPA s'est divisé sur l'attitude à adopter quant à sa candidature pour 2012, les deux porte-parole du mouvement, favorites pour se présenter devant les urnes, ne sont pas sur la même ligne.
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De Charybde en Scylla au NPA? Une semaine après la déclaration de non-candidature d'Olivier Besancenot (lire notre entretien avec lui), la direction du mouvement anticapitaliste s'est à nouveau profondément divisée ce week-end sur l'attitude à adopter pour la prochaine présidentielle. En cause: la poursuite, ou non, des discussions unitaires pour construire un bloc de gauche anticapitaliste. Et sur ce point précis, les deux nouvelles porte-parole du NPA ont défendu des positions opposées, compliquant davantage le choix du candidat pour 2012.

C'est en fait la position 1, dite «P1», qui regroupe Myriam Martin, Christine Poupin mais aussi Olivier Besancenot, et qui avait obtenu une majorité relative au dernier congrès qui a volé en éclats, à l'occasion d'un conseil politique national (CPN). Une partie, dont Poupin, a voté avec la «P2», qui défend une ligne dite révolutionnaire, pour demander l'arrêt des discussions avec le Front de gauche. L'autre partie, dont Martin, s'est elle retrouvée avec la «P3» des «unitaires», favorable à une poursuite des pourparlers avec l'alliance du PCF et du PG de Mélenchon.

Au final, le vote a été très serré, et c'est finalement la proposition défendue – entre autres – par Christine Poupin qui a obtenu une courte majorité. La proposition de maintenir les discussions avec le Front de gauche a ainsi recueilli 79 voix contre et 64 pour (4 abstentions et refus de vote). L'autre proposition (acter une candidature NPA dès maintenant, sans davantage de discussions) a été acceptée par 85 voix, 64 s'exprimant contre.

«Il y a un accord large sur le fait de se présenter en 2012, nuance Poupin. Nous sommes d'accord sur le bilan de la démarche de rassemblement que nous avions initiée: il n'y a pas de candidature issue du mouvement social qui émerge et les conditions politiques d'un accord avec le Front de gauche ne sont pas réunies. Ensuite il y a un désaccord sur le fait de continuer ou pas ces discussions.» Autre dirigeante ayant soutenu l'arrêt des discussions avec le Front de gauche, Sandra Demarcq considère qu'«après l'échec de la mobilisation contre la réforme des retraites et la confusion actuelle autour du Front national, ça n'est plus possible de parler encore».

De son côté, Myriam Martin estime que «si une résolution dit qu'il ne faut plus discuter, nous on pense qu'il faut continuer, et que c'est important pour nous». Pour elle, «le NPA doit avoir un profil unitaire: il faut rassembler, et interpeller le Front de gauche. Mais pour pouvoir le faire, il faut discuter! Moi je pense que cela sert toujours, y compris pour ceux et celles qui ne sont ni au Front de gauche ni au NPA et qui veulent construire une alternative au PS».

Résultat, le NPA a encore repoussé le choix de son candidat en 2012. Une commission ad hoc (à laquelle ne participeront pas les deux porte-parole) soumettra une proposition qui devra ensuite être ratifiée par les militants lors d'un vote et d'une conférence nationale les 24 et 25 juin prochains.

«Il est encore trop tôt pour acter une candidature, explique Sandra Demarcq. Nous allons avoir une discussion collective sur le profil et ce que l'on veut exprimer. Les deux porte-parole sont évidemment et légitimement en capacité, mais il peut y avoir d'autres noms. Une chose est sûre, il n'y aura pas de primaires». Vu l'état actuel des divisions dans le NPA, en effet, il vaut peut-être mieux.

 

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