«Pour ces prêtres, la confession était une alimentation de leurs fantasmes»

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Dans les années 1950, au Mans, Pierre Gouet est la victime d'un prêtre pédophile alors qu'il a huit ans. L'Église, en la personne de son oncle, était au courant, mais n'a rien fait. Aujourd'hui, il décide de raconter son histoire.

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C'est une histoire qui n'a pas été facile à raconter. Enfouie pendant des années, des décennies, au plus profond de son corps et de ses souvenirs. Il aura fallu que les affaires de pédophilie dans l'Église resurgissent, une fois de plus, au mois de mars 2010, et que Benoît XVI renâcle à les reconnaître et à s'en excuser, pour que Pierre Gouet décide de se confier. Abonné et lecteur fidèle de Mediapart, il a envoyé un email faisant part de son désir de parler, après une semaine de nuits sans sommeil. Pour raconter son histoire, à la fois emblématique et unique. Emblématique, parce que des gamins victimes de violeurs en soutanes, dans les années 1950, il y en a probablement eu des milliers rien qu'en France. Unique, parce que son contexte familial lui a fourni un point d'observation privilégié sur le fonctionnement de l'Église et sur ses connivences avec une partie de la droite française.