Une remise en cause du recrutement national des profs?

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Derrière les témoignages catastrophés des enseignants nouvelle mouture, lauréats des concours 2010, «jetés dans la fosse au loup» sans formation, certaines organisations universitaires et syndicales craignent une remise en cause des concours de l'enseignement et du statut de fonctionnaire lui-même.

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Mercredi 20 octobre 2010, à 18 heures à la Bourse du travail de Paris, assemblée générale des enseignants stagiaires nouvelle mouture, mis devant une classe à temps plein et sans formation professionnelle après avoir réussi les concours de juin. La catastrophe était annoncée depuis deux ans par plusieurs syndicats et, un mois et demi après la rentrée, c'est le concours de surenchère parmi les quelque 180 professeurs présents, pour la plupart venus de l'académie de Créteil. L'un dit avoir quatre niveaux différents en collège, donc autant de programmes différents à assimiler et de cours à préparer, plusieurs autres sont dans des établissements difficiles en zone d'éducation prioritaire (ZEP), et un dernier s'attire des «Oh» d'indignation savourée, quand il révèle qu'il fait ses débuts dans une Ulis (Unité localisée pour l'inclusion scolaire) avec des enfants autistes. Les directives ministérielles qui recommandaient d'«éviter, autant que faire se peut, les établissements les plus difficiles», «les postes spécialisés», «l'attribution des classes les plus délicates, de type cours préparatoire ou cours moyen deuxième année» et de privilégier, dans les collèges et lycées, un emploi du temps sur «deux niveaux maximum d'enseignement», ont été largement piétinées dans certaines académies.