Comment la CGT a organisé l'expulsion des sans-papiers

Les sans papiers délogés mercredi de la Bourse du travail par un commando de la CGT, squattent désormais dans la rue. Pour l'instant, aucune solution d'hébergement ne leur a été proposée. Les sans-papiers, des Maliens pour la plupart, occupaient le bâtiment depuis mai 2008. C'est munis de bâtons et de bombes lacrymogènes (photo ©Marc Torl), que les «militants» de la CGT (des membres du service d'ordre du syndicat) ont évacué le bâtiment. Même s'ils contestaient cette occupation, de nombreux partis et associations ont condamné ces méthodes musclées. Comment en est-on arrivé là? La direction de la CGT, qui se targue d'avoir contribué depuis avril 2008 à plus de 2.000 régularisations de sans-papiers, affirme ne pas avoir été mise au courant. «Faux», répondent les responsables de l'opération.

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Les dizaines de sans-papiers (entre 100 et 200) qui occupaient depuis quatorze mois la Bourse du travail, dans le troisième arrondissement de Paris, sont désormais sur le trottoir. Mercredi à midi, ils ont été délogés manu militari par un commando d'une cinquantaine de militants CGT. Une opération musclée, à coups de matraques et de gaz lacrymogènes, qui a suscité de nombreuses réprobations. Les élus Verts de Paris évoquent une «violence injustifiable», le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) des «méthodes brutales». Comment en est-on arrivé là? Comment et par qui cette opération élaborée en secret a-t-elle été organisée? La direction de la CGT, qui se targue d'avoir contribué depuis avril 2008 à plus de 2.000 régularisations de sans-papiers, était-elle au courant de cette action?

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