Violences sexuelles: l’école peine à imposer les cours d’éducation

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L’affaire Weinstein et la parole libérée sur les réseaux sociaux à propos des violences sexuelles posent la question de l’éducation à la sexualité des plus jeunes. Sur le terrain, elle reste un angle mort, faute de moyens dédiés, et ce au mépris de la loi qui oblige la tenue de trois séances annuelles sur le sujet dans les classes.

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Dans un lycée parisien, la rumeur bruisse depuis quelques jours. Une jeune fille de Terminale aurait subi un viol par un élève du même lycée, hors des murs de l’établissement, au cours du week-end précédent. Bilel* y exerce la fonction d’assistant d’éducation et ne s’attendait pas à une telle méconnaissance de la loi parmi les élèves dont il a la responsabilité. Alors qu’il s’enquérait de la situation pour éclaircir un peu l'affaire, il a demandé à un groupe s’il s’agissait d’un viol. L’un des jeunes a répondu : « Non, il l’a juste forcée à le sucer. » Un autre, alors que Bilel expliquait que c’était ce dont il s’agit précisément au regard de la justice, a rétorqué avec nonchalance : « Ah oui, j’y avais pas pensé. » Le pire, soulève Bilel, mi-inquiet, mi-consterné, c’est que ce lycée abrite aussi des sections STS en sciences médico-sociales et que même ceux qui sont issus de ces filières ne maîtrisent pas les bases de l’éducation sexuelle.