Contre l’invisibilité nationale

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Montrer ou ne pas montrer ? Telle serait la question, à propos des terroristes, qu’une partie de la presse entend maintenant rejeter dans l’anonymat. Ne jamais manquer l’occasion de manquer une occasion ! C’est avec de bons sentiments sidérés qu’on bricole une tartufferie nationale, qui passe à côté de l’essentiel : comment montrer…

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La confusion et l’absurdité sautaient à l’ouïe sur France Inter, ce jeudi matin 28 juillet 2016. Selon les informations de la chaîne publique, « un terroriste » de Saint-Étienne-du-Rouvray avait été libéré par « un juge antiterroriste ». Dans le premier cas, « un » vouait l’innommable aux gémonies en le privant de citation. Dans le second cas, le pronom indéfini préservait l’anonymat, selon l’expression consacrée, d’un fonctionnaire de la République. Dans la même phrase, le journalisme jonglait donc avec un masque de fer et un écran protecteur. Une telle mascarade de la désignation témoigne du chaos mental qu’instaure le tohu-bohu terroriste, qui sème la mort et le trouble.