Légaliser le cannabis (7/7). Les fumeurs français se font jardiniers

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En Europe, le cannabis est de plus en plus produit dans le pays où il est consommé. Moins que la crainte de l’interpellation, c’est la question du budget, le souci de la qualité du cannabis et le refus de nourrir le trafic qui semblent motiver les cannabiculteurs marseillais rencontrés. Dernier volet de notre enquête.

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C’est ce qu’on peut appeler des circuits courts : en Europe, le cannabis est de plus en plus produit dans le pays où il est consommé. Cela pose quelques problèmes aux autorités, notamment françaises, plus habituées à saisir la résine importée du Rif marocain qu’à repérer des plantations clandestines. Le sociologue David Weinberger (Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice) dit assister depuis 2005 à une « transformation majeure » du marché européen du cannabis, traditionnellement dominé par le haschich (la résine de cannabis). Les consommateurs recherchent de plus en plus l’herbe, quitte à la faire pousser eux-mêmes pour s’assurer de sa qualité. « C’est aussi une adaptation du marché aux saisies records de résine marocaine en Espagne », avance le sociologue. L'ambition des autorités françaises est en effet de «couper les routes de la drogue», qu'ils s'agisse du cannabis ou de la cocaïne. Lors de son passage au ministère de l'intérieur, Manuel Valls avait ainsi conclu en octobre 2012 un accord avec l'Espagne pour renforcer la coopération policière des deux pays, sur le modèle de la traque en commun des séparatistes de l'ETA.