Foot: réactions indignées et défense bancale

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Les réactions se sont multipliées ce vendredi après les révélations de Mediapart. Le président de la Fédération française de football (FFF), Fernand Duchaussoy, a décidé d'ouvrir une enquête interne avec le soutien du ministère des sports.
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Journée mouvementée au sein des instances du foot français dont les principaux responsables ont multiplié les prises de parole ce vendredi pour tenter de démentir l'instauration de quotas discriminatoires révélée le jeudi 28 avril par Mediapart. «Scandaleux» pour le coordinateur de l'équipe de France, Henri Émile, une «mauvaise information» pour le vice-président de la FFF, Noël Le Graët, du «bla-bla» pour l'entraîneur de l'OM, Didier Deschamps, une «insulte» pour le président du syndicat des clubs professionnels, Jean-Pierre Louvel, un «mensonge» pour le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc... Autant de réactions indignées qui n'ont pas suffi à rééquilibrer une ligne de défense aussi collective que bancale.

Interrogée dès le jeudi soir sur la chaîne LCI, la ministre des sports, Chantal Jouanno, a demandé à la Fédération française de football (FFF) de «faire toute la lumière sur les allégations de l'article», jugeant «inimaginable» la mise en place d'une telle politique discriminatoire, «contraire à l'esprit du sport». Des propos répétés le lendemain sur plusieurs antennes (RMC, iTélé, etc.), mais aussi dans une interview accordée au Monde dans laquelle la ministre des sports explique avoir demandé à ses services l'ouverture d'une «inspection» : «Je n'ose pas y croire. (...) Pour l'instant, nous sommes dans le doute. Nous ne condamnons pas la Fédération, dans l'attente d'éléments plus précis. Aussi, j'ai demandé une inspection aux services de la jeunesse et des sports afin de faire toute la lumière sur cette affaire. (...) Si les faits étaient avérés, on prendrait des sanctions contre le DTN.»

La FFF, par la voix de son président intérimaire, Fernand Duchaussoy, a également indiqué en milieu de journée qu'elle entendait ouvrir une enquête interne, «peut-être avec une direction du ministère de la jeunesse et des sports et peut-être avec une personne incontestable du monde du football».

«Je suis sûr que cela démontrera que c'est une affaire qui n'est pas à la hauteur de ce qu'on veut nous faire porter. Si l'on voit qu'il y a des choses à reprocher à ceux qui nous ont accusés, nous prendrons les dispositions nécessaires pour contre-attaquer», a déclaré M. Duchaussoy avant d'ajouter : «On m'a parlé de réunion secrète, je ne peux pas tout savoir. C'est un sujet que j'ai découvert avec beaucoup de surprise jeudi, je suis tombé des nues, j'ai cru que c'était une plaisanterie de mauvais goût. C'est une diatribe terrible qui m'a complètement indigné et meurtri.»

S'il ne peut en effet «tout savoir», le président de la FFF ne peut pas non plus nier avoir assisté à la fin de la réunion du 8 novembre 2010, évoquée par Mediapart, au cours de laquelle la proportion de «30%» a été avancée. Il est vrai qu'il n'a pas participé à ces débats. Les photos de cette réunion, publiées sur le site officiel de la Fédération, attestent sa présence, mais aussi de celles du directeur technique national, François Blaquart, du sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, et des principaux cadres techniques.

Directement mis en cause dans l'enquête de Mediapart, ces derniers se sont également exprimés ce vendredi. C'est Laurent Blanc qui a ouvert la marche en improvisant une conférence de presse à l'hôtel Le Régent, à Bordeaux, après s'être dans un premier temps retranché derrière les démentis du chef de presse de l'équipe de France, Philippe Tournon. Le sélectionneur des Bleus a reconnu qu'une réunion avait bien eu lieu le 8 novembre, «la seule réunion que j'ai eue avec la Direction technique nationale (DTN)», a-t-il précisé. Démentant être impliqué dans un quelconque projet de quotas, il a déclaré : «Si des gens, au sein de la Fédération ont préconisé des quotas, il faut les punir !»

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