Evacuation des camps de migrants: le cycle infernal

Par Nejma BRAHIM

Jeudi 28 novembre, une partie des campements de migrants situés Porte d’Aubervilliers a été démantelée après une mise à l’abri chapeautée par la préfecture de région, la ville de Paris et France terre d’asile. Immersion dans le quotidien de ces exilés confrontés à l’indignité en France.

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Dimanche 17 novembre, Porte d’Aubervilliers. Dans ces campements comptant 2 000 migrants installés de part et d’autre du périphérique, les tentes se suivent et se ressemblent. Il est 16 heures et alors que la nuit s’apprête à tomber, l’agitation se fait sentir à l’intérieur du camp. « Je ne veux pas tellement que la police revienne », lance Mokhtar, installé là depuis une semaine. Dix jours plus tôt, sous ses yeux, le camp de la Porte de la Chapelle était évacué par les forces de l’ordre. Une opération de mise à l’abri (la 59e depuis 2015) décidée dans le cadre de la mise en œuvre du plan gouvernemental, selon le préfet de police Didier Lallement. « Ils sont venus tôt le matin et nous ont mis dans des bus. On a fait un petit tour puis ils nous ont relâchés à Porte d’Aubervilliers en nous disant qu’on pouvait partir », poursuit cet Afghan de 26 ans, noyé dans l’incompréhension. Près de lui, entouré de tentes, de chaises et de carcasses de vélos, un petit groupe s’amoncelle autour des bénévoles venus pour rassurer les migrants du camp.