Charles Pasqua est mort

Charles Pasqua est mort lundi, à 88 ans. Il fut tout à la fois député, sénateur, député européen mais surtout ministre de l'intérieur, un poste qu'il occupa de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1995.

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Charles Pasqua est mort lundi, à 88 ans. Il fut tout à la fois député, sénateur, député européen mais surtout ministre de l'intérieur, un poste qu'il occupa de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1995.

Ancien résistant et gaulliste revendiqué, Charles Pasqua a été l’un des fondateurs du Service d’action civique (SAC), la milice gaulliste créée en pleine guerre d’Algérie, qui va se spécialiser peu à peu dans les règlements de comptes et l’illégalité. C'est aussi l'homme de la mort de Malik Oussekine, en marge des manifestations étudiantes contre la loi Devaquet en 1986. C'est le ministre qui a rendu plus difficile le séjour des étrangers en France dès son premier passage place Beauvau. Ou celui qui, en 1988, était favorable à une alliance avec le Front national. Lors de l'assaut sur un Airbus détourné par un commando du GIA algérien, en 1994, il est resté célèbre pour avoir déclaré qu'il fallait « terroriser les terroristes ». Cette même année, il réaffirma souhaiter le rétablissement de la peine de mort après une fusillade meurtrière à Paris.

L'ancien salarié de Ricard a également été visé par plusieurs procédures judiciaires, notamment dans le volet français de l'affaire pétrole contre nourriture ou dans l'affaire des ventes d'armes non autorisées à l'Angola. Mais il ne fut condamné qu'une fois, dans l'affaire de la Sofremi qui concernait des détournements de fonds présumés lorsqu'il était ministre de l'intérieur entre 1993 et 1995. Elle lui valut une peine d'un an de prison avec sursis pour complicité d'abus de biens sociaux.

La droite, et une partie de la gauche, a multiplié les hommages lundi et mardi. Y compris évidemment Nicolas Sarkozy, qui lui doit le début de son ascension à Neuilly, avant qu'il ne le trahisse pour s'emparer de la mairie. « Il était l'incarnation d'une certaine idée de la politique et de la France, faite d'engagement, de courage et de convictions. Ce soir, la France perd l'un de ses plus grands serviteurs », a dit dans un communiqué le président de LR (ex-UMP).

L'ex-premier ministre François Fillon a décrit dans un communiqué un « compagnon de la France toujours libre, la France populaire et fière de son drapeau et de ses valeurs ». « Charles Pasqua incarnait l'autorité de la République à une époque ou il était de bon ton de moquer la loi. Il incarnait la souveraineté nationale en un temps où il était à la mode de célébrer la mondialisation "heureuse". Aujourd'hui, personne n'oserait dire qu'il était totalement d'un autre temps. »

Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a salué dans un communiqué, court et sobre, « la mémoire de M. Charles Pasqua, dont la carrière politique fut notamment marquée par deux passages au ministère de l’intérieur ». « Il adresse à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances républicaines », a conclu le socialiste. François Hollande « salue la mémoire d'un gaulliste qui fut deux fois ministre de l'intérieur. Dans des conditions difficiles et éprouvantes, il a animé de toute sa personnalité la vie politique française. Il adresse à sa famille et à ses proches ses sincères condoléances », selon un communiqué.

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, lui a aussi rendu hommage :

A l'inverse, le communiste Ian Brossat a rappelé les heures sombres de Pasqua:

© Ian Brossat

(Avec Reuters)

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