Entre le 7 et le 29 juillet, trente-six sangliers ont été retrouvés morts dans la zone de l’estuaire du Gouessant et de son prolongement naturel, la plage Saint-Maurice, près de Morieux, dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor). Cette hécatombe sans précédent intrigue autant qu’elle inquiète. Qu’est-il arrivé à ces suidés sauvages, en parfaite santé peu de temps avant l’événement fatal? A l’heure où nous mettons en ligne, la piste la plus sérieuse est celle d’une intoxication due à l’hydrogène sulfuré produit par la décomposition d’algues vertes. Mais cette hypothèse plausible n’est pas prouvée avec certitude. Si elle se confirme, comment les sangliers ont-ils pu être exposés au gaz toxiques ? Si l’H2S n’est pas en cause, quel autre facteur létal peut être incriminé? Un événement particulier explique-t-il que les sangliers soient morts ces jours-ci plutôt qu’à un autre moment ? Mediapart a mené l’enquête auprès des vétérinaires, toxicologues, spécialistes de l’environnement et membres des associations de protection de la nature de la région.