L'élection présidentielle tunisienne vue d'Algérie

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Bouchan Hadj-Chik, dans une chronique du Quotidien d'Oran, évoque, entre humour et dépit, ce que l'élection d'un vieillard de 88 ans à la tête de la Tunisie évoque aux Algériens, qui traînent comme un boulet haut perché leur propre président, grabataire patenté qui affiche dix ans de moins.

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« Vous auriez voté, vous, pour un homme de 88 ans ? Lui confier la sortie de crise ? Il m'arrive de lire votre presse. Avec tout ce que vous vous permettez de dire sur l'état de santé de votre président, je n'ai pas le sentiment que vous auriez été tendre avec un nonagénaire. Vous auriez crié au scandale dès sa candidature connue. Et pourtant, vous semblez satisfaits du choix des Tunisiens. Et vous persistez à appeler cela le choix des Tunisiens. »

Je réponds : « Votre consensus bancal nous ressemble. »

Je l'avais connu à Tunis, au lendemain de ce qu'ils appelaient « la révolution », que je m'entêtais de qualifier « faouda ». J'en énumérais les raisons : absence d'un courant politique dominant, absence de leaders pour porter le mouvement, (le 30 septembre, l'ISIE –– Instance supérieure indépendante pour les élections – annonçait 27 candidatures acceptées, 42 rejetées), absence de projet politique en dehors des « fonce sur le mur » islamistes, dépendance excessive au tourisme (qui représente 7 % du PIB du pays, 400 000 emplois directs ou indirects, 12 % de la population active et 60 % du taux de couverture de la balance commerciale), mobilisation de la communauté internationale pour remettre le pays sur les rails, ses rails. Et les effets : les agents de l'ordre public se font tout petit.