Harald Welzer, sociologue: «Les intellectuels français m'influencent peu»

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ESSEN, 600.000 habitants en Rhénanie-du-Nord-Westphalie : ville en mutation de la Ruhr, marquée par son passé industriel, elle sera capitale européenne de la culture en 2010.

 

HARALD WELZER :

 

Il dirige à Essen le Center for Interdisciplinary Memory Research, qui dépend de l'université d'Essen. Ses travaux portent sur la mémoire et la violence. Quasiment inconnu en France, à part une tribune dans Le Monde publiée il y a quelques mois, Welzer est un intellectuel reconnu en Allemagne. Il intervient régulièrement dans les pages Culture de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, grand journal conservateur. Certains de ses ouvrages ont connu de beaux succès d'édition :

 

 

Dans Opa war kein Nazi (Fischer, 2002) ("Grand-père n'était pas nazi"), Welzer interroge le souvenir du nazisme et de la Shoah dans les familles allemandes. L'ouvrage n'a pas été publié en France, il a pourtant suscité un intense débat en Allemagne.

 

 

 

 

Les Exécuteurs, Des hommes normaux aux meurtriers de masse (Gallimard, 2007). Dans la lignée de Christopher Browning, un livre sur le passage à la violence et la figure du criminel de guerre. Loin d'être un monstre, c'est d'abord un homme comme les autres, affirme Welzer.

 

 

 

Son dernier ouvrage Klimakriege, Wofür es im 21. Jahrhundert getötet wird, ("Les guerres climatiques, pourquoi on tuera au XXIe siècle") traite de la crise de la démocratie et du modèle occidental de développement. Welzer s'inquiète de ce que les mutations sociales et culturelles induites par le changement climatique n'entraînent un déchaînement de violences. Un livre aux accents prophétiques, publié à la fin de l'été en France (Gallimard).

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J'ai rencontré Harald Welzer à Essen, une ville industrielle de la Ruhr, le 19 mai. Nous avons passé plus d'une heure ensemble. L'entretien a été enregistré. Harald Welzer n'a pas demandé à relire l'article.

 

A la date de notre entretien, la reprise d'Opel par Magna n'était pas encore bouclée, mais déjà la candidature de Fiat semblait compromise. J'ai donc actualisé la réponse d'Harald Welzer à la première question (p.1) : il ne dit plus «on va peut-être confier» Opel à Magna comme il le disait dans l'entretien, mais «on a confié».

 

Finalement, Harald Welzer a eu raison : Fiat a fait peur au gouvernement allemand qui a finalement choisi Magna. Au détriment de l'Europe, comme le montre Martine Orange – et Oliv92 sur son blog.

 

Tout ça à cause d'un pull-over?