Russie-Allemagne: un parfum de guerre froide

Par

L'escalade entre la Russie et l'Otan à propos de la crise ukrainienne fait chauffer les esprits en Allemagne. Angela Merkel se retrouve tiraillée entre de hauts responsables militaires prompts à appuyer l'axe atlantique, et les grands acteurs économiques, plutôt adeptes de la real-politik, vu leurs affaires en Russie.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Berlin, correspondance.   La crise ukrainienne et le conflit entre la Russie et les pays de l’OTAN nous mènent-ils vers une nouvelle guerre froide, voire vers une guerre tout court ? « Je me refuse à imaginer une escalade militaire entre l’est et l’ouest de l’Europe, mais une chose est sûre : si de mauvaises décisions sont prises aujourd’hui, des décennies d’effort pour la paix et la sécurité en Europe pourraient être réduits à néant », déclarait en début de semaine le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier. En principe, la logique de coopération politique et stratégique apparue en Europe après la chute du mur de Berlin, ainsi que l’imbrication croissante des économies européenne et russe, devraient rendre un conflit intra-européen autant dommageable pour l’agresseur que pour l’agressé, et militent a priori contre cette thèse guerrière.