Afrique : en finir avec l’exotisme

Par

La revue « Politique africaine » fête ses quarante ans d’existence. Pour Mediapart, ses deux rédacteurs en chef analysent le regard porté sur le continent africain depuis la France et la manière dont les sciences sociales peuvent aider à déconstruire certains clichés. Entretien vidéo.

Cet article est en accès libre. L’information nous protège ! Je m’abonne

Il fallait sans doute être un peu « légers et présomptueux » – selon les mots amusés de Jean-François Bayart – pour se lancer dans un tel projet.  En 1981, un groupe de jeunes chercheurs déterminés à bousculer les manières d’étudier et d’analyser le continent africain fonde une revue qui deviendra, en quarante ans, une référence : Politique africaine.

L’enjeu : s’émanciper des deux grands courants de pensée qui, à l’époque, dominent les débats. L’école « développementaliste » nord-américaine, qui envisage les sociétés africaines comme « à développer » selon un schéma comparable à celui des pays européens, et l’école latino-américaine « de la dépendance », mettant l’accent sur les relations de domination induites par une économie mondialisée. Des analyses qui ont pour défaut commun de laisser peu de place aux dynamiques propres qui agitent le continent, à la part d’autonomie de ces sociétés, bref, aux Africaines et aux Africains.

Quarante ans plus tard, la revue Politique africaine est toujours là. Si peu de scientifiques contestent désormais la nécessité d’étudier l’historicité propre des sociétés africaines, elle fait face à de nouvelles questions : « l’Afrique » est-elle un objet d’étude pertinent ? Qui est légitime pour produire des savoirs sur le continent africain ? Les sociétés africaines, que l’on a longtemps décrites comme « en retard », ne seraient-elles pas en réalité en avance sur le reste du monde ?

Nos invités, les deux rédacteurs en chef de Politique africaine Vincent Bonnecase (chargé de recherche en science politique au CNRS) et Julien Brachet (chercheur à l’Institut de recherche pour le développement) expliquent sur notre plateau en quoi l’Afrique n’est pas un tout homogène mais une « fiction utile » et démontrent, à partir d’exemples sur les migrations, la notion « d’Afrique émergente » ou l’islam salafiste, et en quoi les sciences sociales peuvent nous aider à comprendre un peu mieux le continent. En bref, à en finir avec l’exotisme.

Entretien avec Vincent Bonnecase et Julien Brachet, rédacteurs en chef de la revue Politique africaine

Retrouvez Politique africaine en librairie et sur la plate-forme Cairn. L’équipe de la revue tient également un blog dans l’espace Club de Mediapart.

Cette émission peut également s’écouter en version audio.

☞ Retrouvez tous nos entretiens vidéo sur notre page Studio

Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
Soutenez-nous