Salvador: Nayib Bukele se déclare victorieux de la présidentielle

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Le candidat antisystème Nayib Bukele a déclaré avoir remporté l'élection présidentielle au Salvador à l'issue du premier tour dimanche, mettant fin au système bipartite qui dominait la scène politique du pays d'Amérique centrale depuis trois décennies.
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SAN SALVADOR (Reuters) - Le candidat antisystème Nayib Bukele a déclaré avoir remporté l'élection présidentielle au Salvador à l'issue du premier tour dimanche, mettant fin au système bipartite qui dominait la scène politique du pays d'Amérique centrale depuis trois décennies.

Ses deux principaux rivaux, le candidat du parti de gauche au pouvoir, Hugo Martinez, et le représentant de la droite conservatrice, Carlos Calleja, ont admis avoir été vaincus.

D'après les résultats partiels communiqués par le tribunal électoral, Nayib Bukele est en tête avec 54% des voix, soit un seuil suffisant pour être élu dès le premier tour.

Les résultats définitifs doivent être connus dans les 48 heures.

L'entrée en fonction du nouveau président est prévue en juin prochain.

"Aujourd'hui, nous avons écrit l'histoire", a déclaré Bukele devant une foule de partisans réunis dans la capitale, San Salvador, dont il a été maire de 2015 à 2018.

"Une page du pouvoir se tourne", a-t-il ajouté.

Bukele, âgé de 37 ans, a promis de lutter contre la corruption qui gangrène le pays et pousse de nombreux Salvadoriens à l'exil vers les Etats-Unis, alimentant les diatribes de Donald Trump contre les pays d'Amérique centrale. Trump menace ainsi de supprimer l'aide fournie par Washington au Salvador et à plusieurs pays de la région.

Exclu du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), le parti de gauche au pouvoir, Nayib Bukele avait constitué une coalition avec plusieurs partis qui ne totalisent que onze sièges dans l'assemblée sortante.

Mais les sondages le donnaient nettement en tête devant Carlos Calleja, le candidat de l'Alliance républicaine nationaliste (ARENA, droite conservatrice).

Bukele a tiré parti d'une vague de mécontentement de la population à l'égard des partis traditionnels, dans un pays confronté à une forte criminalité avec l'un des taux d'homicides les plus importants au monde.

Hugo Martinez a admis sa défaite quelques minutes après que Nayib Bukele a dit avoir remporté l'élection, tandis que Carlos Calleja a déclaré qu'il contacterait Bukele pour le féliciter de sa victoire.

Issu d'une famille aisée qui avait pourtant soutenu la guérilla marxiste du FMLN pendant la guerre civile, Bukele ne ménage aucun camp dans ses critiques, en particulier sur les réseaux sociaux dont il est un grand utilisateur.

"Un dictateur est un dictateur, qu'il soit de 'droite' ou de 'gauche'", a-t-il écrit la semaine dernière sur Twitter, après avoir qualifié ainsi les dirigeants de gauche du Venezuela et du Nicaragua, Nicolas Maduro et Daniel Ortega, comme de droite du Honduras, Juan Orlando Hernandez.

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