Après la vidéo de l’ancien ministre de l’intérieur, violente répression au cœur de Tunis

Les manifestants s'étaient rassemblés, vendredi 6 mai, à Tunis sur l'avenue Bourguiba en réaction à la publication d'une vidéo sur Facebook. Dans cette interview diffusée mercredi, Farhat Riajhi accuse également un ancien conseiller de Ben Ali d'orchestrer les nominations de ministres et le retour aux affaires des anciens cadres du RCD.

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Arrestation de manifestants, gaz lacrymogènes, journalistes grièvement blessés par les policiers... À Tunis, la journée de vendredi fut pour le moins mouvementée. Dès le début de l'après-midi, gaz lacrymogènes et important déploiement policier répondaient aux dizaines de manifestants qui s'étaient rassemblés avenue Bourguiba, au cœur du centre-ville de Tunis. Selon la journaliste tunisienne Emna Ben Jemaa, présente sur place et très active sur les réseaux sociaux, la police a notamment procédé à plusieurs arrestations de jeunes manifestants, dans un café qui bordait l'avenue. Les policiers s'en sont également pris aux journalistes qui tentaient de couvrir la manifestation, tel Abdelfattah Belaid, agressé par des policiers alors qu'il s'était réfugié dans les locaux de son journal, La Presse, situés à deux pas de l'avenue. Le journaliste a été transféré dans une clinique pour y passer des scanners. «Nous sommes choqués par ce qui est arrivé à notre confrère. Je m'inscris contre ces pratiques qui remontent à un autre âge, estime Sofiane Ben Farhat, rédacteur en chef de La Presse, dans une déclaration recueillie par Reporters sans frontières. Au lendemain de la Journée internationale de la liberté de la presse, il y a d'autres signes forts à envoyer que celui de la chasse à l'homme d'un journaliste. Nous avons demandé au Syndicat des journalistes d'entrer en contact avec les autorités afin que cela cesse. »

Les manifestants s'étaient rassemblés sur l'avenue Bourguiba, en réaction à la publication d'une vidéo sur Facebook mercredi 4 mai. Une véritable bombe médiatique dans laquelle le juge Farhat Rajhi, ex-ministre de l'intérieur et actuel président du Haut comité des droits de l'homme et des libertés fondamentales, lance une attaque tous azimuts contre le gouvernement, l'armée et l'homme d'affaires tunisien Kamel Eltaïef. (Vidéo en arabe)

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