Une vidéo de soutien. Benjamin Stora explique ce qu'il ne trouve pas dans les médias aujourd'hui et ce qu'il attend de MediaPart : savoir «ce qui se passe dans les pays du Sud. Il faut connaître ces sociétés de départ [de l'immigration], et pas simplement à la faveur d'un déplacement du président de la République, d'un agenda ministériel»... Pourtant, cette information existe : de manière disséminée, de blog en blog, ou militante sur Indymedia, mais aussi selon des critères plus proches du journalisme avec Global Voices.
Le slogan dit l'essentiel du projet: “Le monde parle. L'écoutez-vous?” Et de fait, le site, qui existe depuis moins de trois ans, réunit chaque mois plus d'un million de lecteurs, qui viennent se tenir au courant des débats qui agitent le monde “sauf l'Europe de l'ouest et l'Amérique du nord”, que les fondateurs estiment déjà amplement couverts par d'autres.
En décembre 2004, Ethan Zuckerman, cofondateur de l'hébergeur de sites web Tripod et amoureux du Ghana, et Rebecca MacKinnon, ancienne responsable du bureau de CNN à Pékin puis à Tokyo, décident de créer cette agora en ligne. Elle, parce qu'elle refusait de continuer à pratiquer le “tourisme” journalistique lui parce qu'il avait découvert que les blogueurs locaux, parce qu'ils comprenaient finement l'actualité de leur pays et qu'ils partageaient aussi avec les internautes une culture commune, étaient les mieux armés pour servir de passeurs et attirer l'attention.
Global Voices comporte désormais un système de veille qui défriche les blogs et sites d'information internationaux. Une quinzaine d'éditeurs polyglottes et dispersés dans le monde, sélectionnent des billets de blog, des émissions de radio, des photos, des vidéos, synthétisent, traduisent, remettent en contexte les débats qui animent leur région et l'actualité qui n'est pas couverte par les médias traditionnels. Et un réseau de près de 100 contributeurs rapporte chaque jour l'actualité (loisirs, culture et humour compris) de leur pays en neuf langues. En 2006, l'agence de presse Reuters a signé un accord pour diffuser certaines revues de web de Global Voices.

Ethan Zuckerman: «L'information est une chose trop importante pour la laisser à des journalistes»