«Révolution de l’énergie propre»: les engagements de Biden au scanner

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Le candidat démocrate a proposé un plan environnemental à rebours du bilan de Donald Trump, catastrophique. Mais sans reprendre le Green New Deal de la gauche radicale.

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«Aujourd’hui, l’administration Trump a officiellement quitté l’accord de Paris sur le climat. Et dans exactement 77 jours, l’administration Biden le rejoindra », a écrit jeudi 5 novembre, le candidat démocrate sur son compte Twitter.

L’ancien vice-président réitère ici l’une de ses promesses de campagne, qui trône parmi les mesures phare de son « plan pour une révolution énergétique propre et une justice environnementale ».

Joe Biden annonce souhaiter rejoindre l'accord de Paris. © Joe Biden

Les questions environnementales ont été éludées durant les débats présidentiels (à lire ici et ). Pourtant, Joe Biden s’était positionné, dès le 14 juillet 2020, sur ce sujet mis de côté par son rival, Donald Trump.  

Le démocrate n’a pas soutenu le Green New Deal proposé par la gauche radicale américaine, dont l’une des cheffes de file est Alexandria Ocasio-Cortez, mais son programme s’en est largement inspiré. 

Dévoilé en juillet 2020, il prévoit un investissement de 2 000 milliards de dollars, soit 10 % du PIB, sur quatre ans dans les énergies renouvelables (« énergies propres » selon la terminologie de son programme), le respect de l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2050, des réseaux électriques intelligents, des bâtiments basse consommation ou encore des primes aux véhicules zéro émission.

Pour convaincre les électeurs des bienfaits des énergies renouvelables, Joe Biden invoque l’argument de la création d’emplois. « L’idée, derrière les chiffres, c’est de montrer que tout ce qui est fait contre l’environnement nuit à l’économie américaine, analyse Jean-François Boittin, spécialiste de la politique économique et énergétique américaine et chercheur associé au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII). Biden défend l’idée que le développement des énergies renouvelables est créateur d’emplois bien payés et moins difficiles que ceux des énergies fossiles. »

Joe Biden ambitionne aussi d’atteindre une production électrique propre d’ici 2035. « Plus personne ne va construire de centrale à charbon aux États-Unis. Plus personne ne va construire une centrale au fioul aux États-Unis », a-t-il martelé lors du premier débat télévisé l’opposant à son rival républicain. « Il est en faveur d’une transition douce qui faciliterait l’utilisation du gaz naturel abondant, pas cher et moins polluant que d’autres sources énergétiques », observe Jean-François Boittin

Dans cette optique-là, il ne souhaite pas interdire l’exploitation de gaz de schiste, notamment par la technique décriée de la fracturation hydraulique. Cette méthode consiste à fracturer la roche, dans laquelle le gaz est enfermé sous forme de microbulles, en injectant de l’eau, du sable et des détergents à très haute pression, pour faire remonter le gaz à la surface. Ses opposants dénoncent un danger pour l’environnement.

Le candidat démocrate Joe Biden fait un discours sur le changement climatique et les feux de forêts qui ravagent la côte ouest des Etats-Unis devant le musée d’histoire naturelle du Delaware à Wilmington, le 14 septembre 2020. © Drew Angerer / Getty Images via AFP Le candidat démocrate Joe Biden fait un discours sur le changement climatique et les feux de forêts qui ravagent la côte ouest des Etats-Unis devant le musée d’histoire naturelle du Delaware à Wilmington, le 14 septembre 2020. © Drew Angerer / Getty Images via AFP

Joe Biden souhaite, par ailleurs, financer la rénovation énergétique de six millions de bâtiments, notamment dans les quartiers défavorisés, ainsi que la construction de plus d’un million de bâtiments énergétiquement efficients.

Autre axe majeur de sa campagne, la protection de la biodiversité. L’ancien sénateur du Delaware souhaite classer 30 % du territoire et des aires marines en espaces protégés d’ici à 2030. Joe Biden s’est aussi engagé à créer des parcs naturels et des monuments nationaux « reflétant l’héritage naturel des États-Unis » et à développer des projets de reforestation. Il souhaite également interdire les forages dans le refuge national de la faune arctique, situé au nord-est de l’Alaska.

Pour Jean-François Boittin, l’annonce de Biden concernant le retour des États-Unis dans l’accord de Paris est avant tout « une publicité simple et rapide » pour le candidat. Mais sa confirmation reste essentielle car elle « permettra de créer un débat avec l’Union européenne sur la question de la mise en place d’une taxe carbone aux frontières », affirme le chercheur.  

Dans son plan « pour une révolution énergétique propre et une justice environnementale », le candidat évoquait déjà la mise en place d’une taxe carbone « sur les produits à forte intensité de carbone provenant de pays qui ne respectent pas leurs obligations », afin que « les travailleurs américains […] ne soient pas désavantagés par rapport à la concurrence ». Il pointait les pays « qui jouent contre le système, en devenant des économies de destination pour les pollueurs ». Au premier rang desquels, la Chine. 

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