Référendum en Turquie: la campagne «post-vérité» d’Erdogan face aux «terroristes»

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À une semaine du référendum qui doit lui octroyer d’immenses pouvoirs, le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis tous les moyens de l’État au service de la campagne du « oui », face à des partisans du « non » ostracisés et réprimés. Une partialité qui n’empêche pas le Reis de se présenter en défenseur de la démocratie et en victime des complots de « terroristes » et de puissances étrangères hostiles.

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Ankara, Gebze, Istanbul, Sakarya (Turquie), envoyé spécial. –  À Gaziosmanpasa, Recep Tayyip Erdogan est partout. En ce dimanche un peu pluvieux de la fin mars, son visage s’affiche en toute démesure sur les façades des immeubles, en miniature sur les bandeaux que portent, noués autour du front, ses partisans, ou encore sur des étendards le figurant entouré d’emblèmes ottomans, sur des tapis, des écharpes. Ses portraits se mêlent aux innombrables drapeaux et panneaux publicitaires appelant à voter, le 16 avril, en faveur de la réforme constitutionnelle qui conférera au président turc des pouvoirs hors-normes dans un régime démocratique. À des kilomètres à la ronde, on ne voit pas en revanche un seul stand, une seule affiche, un seul autocollant pour le non.