Au Venezuela, dans l’Arc minier de l’Orénoque, les bandes armées font la loi (2/2)

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Alors que le Venezuela sombre dans la crise économique, l’Arc minier de l’Orénoque attire comme un aimant les travailleurs à la recherche d’opportunités, mais aussi des groupes armés qui font régner leur loi. L’action du gouvernement est inefficace, quand elle n’est pas complice des exactions.

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Arc minier de l’Orénoque (Venezuela), envoyé spécial.– Les rayons de soleil s’éloignent peu à peu pour laisser place à un halo lumineux. À califourchon sur un bâton d’une cinquantaine de centimètres, les mains agrippées à une solide corde, le mineur descend lentement dans un étroit goulet. À l’intérieur, au bout d’une galerie qu’aucune poutre ne vient consolider, trois hommes suent à grosses gouttes dans une alcôve où l’on tient enfin debout. Dans une chaleur suffocante, l’un pellette, l’autre pioche. Jaimes Thompson, les muscles tendus, enchaîne les coups de pique. Les deux hommes remplissent des sacs de terre, d’où sortiront quelques grammes d’or. « On travaille pour nos enfants, pour nos familles, pour acheter de la nourriture, des médicaments », explique le mineur au visage taché de boue.