A Diyarbakır, en Turquie, les Kurdes gagnent pas à pas leur autonomie

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La capitale des Kurdes de Turquie, deux millions d'habitants, fait face à un casse-tête périlleux, mais aussi porteur d’espoirs. Depuis le début du XXe siècle, les Kurdes sont un peuple sans État, qui se retrouve aujourd'hui au cœur du processus de recomposition du Moyen-Orient.

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De notre envoyé spécial à Diyarbakır.- « La langue de Diyarbakır est celle des murailles. C’est une ville qui chuchote ses secrets à ses remparts », murmure le journaliste poète Seyhmus Diken quand on lui demande de parler de sa ville. Il faut donc gravir les remparts de pierre volcanique noire pour s’attaquer à la « question kurde ». Prendre de la hauteur pour observer le Tigre et les premières plaines de Mésopotamie dans cette région de l’est de la Turquie appelée aussi Kurdistan du Nord ou Bakur en kurde. Observer que le séisme géopolitique de ces dernières années a des répercussions locales, nationales et internationales. Que ce Kurdistan disloqué en quatre enclaves depuis la désagrégation de l’Empire ottoman sort de l’ombre de l’histoire. Qu’il faut appréhender Diyarbakır la méconnue avec la certitude que l’avenir du Moyen-Orient se joue en partie ici.