«Les égorgeurs ont carte blanche et ne laisseront aucun témoin»

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Pour Jean-Pierre Filiu, historien spécialiste de la Syrie, ceux qui laissent faire les massacres à Alep sont autant responsables que ceux qui les commettent.

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Jean-Pierre Filiu est professeur en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences-Po Paris. Il a récemment publié Les Arabes, leur destin et le nôtre (La Découverte) et Les Meilleurs Ennemis. Une histoire des relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient, en collaboration avec le dessinateur David B (Futuropolis).

Qui est responsable de ce qui passe à Alep aujourd'hui ?

Le monde entier. La responsabilité collective est historiquement indéniable. Cela fait désormais plus de quatre ans qu'une partie de la population syrienne dans les quartiers est et nord d'Alep avait essayé, tant bien que mal, de construire un espace de liberté et d'administration hors de l'emprise du régime Assad. Mais, visiblement, cela était insupportable non seulement pour le despote syrien et ses parrains russes et iraniens, mais aussi pour le reste du monde, qui n'a cessé de salir et de calomnier, avant d'abandonner à l'horreur actuelle, cette Alep libre qui n'essayait que de le rester.