«Mort au fond de la mine»: retour sur la catastrophe de Soma

Cinq ans après la catastrophe qui a tué 301 mineurs à Soma en Turquie, les conditions de travail sous terre restent précaires, les normes de sécurité à peine améliorées. L’État, qui détient l’exploitation, n’a pas été inquiété par la justice. Un reportage de Jérémie Berlioux et Émilienne Malfatto à lire sur Libération.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Mehmet est mort il y a cinq ans. Dans la fumée et la panique, dans les entrailles de la Terre. Au milieu des rats et des cadavres noircis. Il est mort loin du ciel et ses mains en tremblent encore. « Je suis mort au fond de la mine ce jour-là. Je suis mort et la seule différence avec mes camarades mineurs, c’est que je me tiens debout aujourd’hui. » Sa voix aussi tremble un peu. Mehmet reprend une gorgée de bière – les bouteilles s’accumulent sur la table. Depuis « le massacre », seul l’alcool lui permet d’échapper aux visages brûlés qui le hantent.