Turquie : Erdogan attise la violence contre les Kurdes pour son gain personnel

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Le chef de l'État turc, qui entend reconquérir à tout prix la majorité absolue au parlement pour installer un régime présidentiel fort, utilise les militants les plus radicaux de son parti pour s'en prendre aux militants nationalistes kurdes et au parti HDP qui le gêne dans ses ambitions.

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De notre correspondant à Istanbul (Turquie).- « Nous avons entendu les premières détonations à 4 heures du matin », raconte Dilek (un pseudonyme), une Européenne vivant à Diyarbakir, dans l’est de la Turquie. « Les forces spéciales ont attaqué. Les habitants se sont défendus. Il y a eu deux morts. L’état d’urgence a été décrété et plus personne n’a le droit de sortir dans le centre-ville. » Les heurts qui s’en sont suivis ont apporté leur lot de blessés. Depuis ce dimanche 13 septembre 2015, c’est donc au cœur de la capitale du Kurdistan de Turquie que le président Recep Tayyip Erdogan porte sa « guerre contre le terrorisme ». La détente que vivait la région depuis des années, fruit des pourparlers entre le leader du PKK emprisonné Abdullah Öcalan et le pouvoir turc, est révolue. Le Kurdistan redevient le théâtre d’affrontements dont les civils sont les principales victimes.