Slavoj Zizek: «Ne soyons pas fascinés par Trump!»

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Au lieu d’être obsédées par le phénomène Trump, les gauches progressistes devraient se livrer à une dure autocritique sur leur rapport aux classes populaires, plaide Slavoj Zizek. Le philosophe slovène, invité d’une conférence à Bruxelles, a aussi évoqué Fillon, Le Pen et la crise des migrants.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles.– Il faut sans doute y voir un signe des temps très sombres. Le débat s’est ouvert par les interventions d’une dizaine d’étudiants venus de toute l’Europe, assis en demi-cercle sur la scène. Un à un, comme les membres d’une thérapie de groupe, ils ont décrit, dans un anglais fluide, leur « plus grande peur » face à l’Europe d’aujourd’hui. Ils ont dit leur sentiment d’appartenir à une génération sacrifiée, leur crainte d’une poussée des régimes autoritaires, leurs inquiétudes sur la fin du projet européen.

Ce fut au tour de Slavoj Zizek de prendre la parole. Le philosophe slovène, pantalon en velours kaki, s’est prêté à l’exercice en prenant d’entrée de jeu les étudiants à rebrousse-poil. « Ma peur la plus vive, ce n’est pas la poussée de nouveaux fascismes. Ce n’est qu’un symptôme […]. Il faut traiter la maladie, a-t-il martelé. Le problème, ce n’est pas le fascisme, c’est cette démocratie libérale. L’establishment doit se livrer à une solide autocritique, sur les raisons de son échec. Et ma grande peur, c’est qu’il ne le fasse pas. »