En 2007, une étude alertait sur les risques d'un séisme frappant Port-au-Prince

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Une équipe scientifique avait conclu en 2007, après de premières études, au risque d'un tremblement de terre d'une magnitude de 7,2.

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Dans un document rédigé en 2007, en collaboration avec le bureau des Mines et de l'énergie en Haïti, Eric Calais, chercheur à l'université Purdue (Etats-Unis), soulignait le risque que courait particulièrement la ville de Port-au-Prince.
Un risque évident pour les scientifiques: sur l'île d'Hispaniola, explique le rapport, «chacun des siècles passés a été marqué par au moins un séisme majeur: destruction de Port-au-Prince en 1751 et 1771, destruction de Cap Haïtien en 1842, séismes de 1887 et 1904 dans le nord du pays avec dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien, séisme de 1946 dans le nord-est de la République dominicaine accompagné dun tsunami dans la région de Nagua». Leur prévision: «Il y aura donc des séismes majeurs dans le futur, à l'échelle de la dizaine ou de la centaine d'années.»
Les chercheurs ont placé en 29 points des balises dont ils ont mesuré le déplacement par GPS. «Ces déplacements», explique le rapport, «renseignent sur la quantité d'énergie sismique accumulée dans la croûte terrestre et susceptible d'être libérée lors de séismes.» Et pour la première fois, ils ont pu se faire une idée du risque encouru: «L'énergie accumulée dans la région de Port-au-Prince depuis le dernier séisme majeur en 1751 correspondrait donc à un événement d'une magnitude de l'ordre de 7.2 si elle était relâchée entièrement aujourd'hui.»
L'histoire récente, qu'elle soit géologique ou politique, n'aura pas permis de mettre en œuvre les recommandations issues de ces observations: installation de GPS permanents permettant notamment d'identifier les zones où le risque est le plus important, application de règles para-sismiques, information des populations. Les scientifiques espéraient avoir devant eux «cinq à dix ans» pour affiner leurs connaissances.
Mais la géologie n'a peut-être pas encore dit son dernier mot. Le bureau des mines avait envisagé, dans la foulée d'un tremblement de terre, des suites dramatiques: «liquéfaction du sol dans les régions à sous-sol sableux saturé en eau (bas-quartiers de Port-au-Prince par exemple), glissements de terrain sur les pentes des montagnes (région de Kenscoff, Pétion-ville, Bourdon, etc.) et raz-de-marée dans les régions côtières».
Télécharger le document: Mesures GPS en Haïti: rapport d'étape