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Egypte: 152 peines de prison pour des manifestations

Au moins 152 personnes, accusées d'avoir participé fin avril à des manifestations non autorisées contre le pouvoir, ont écopé de 2 à 5 ans de prison en Égypte, ont indiqué, dimanche 15 mai, des sources judiciaires, dans un nouveau bilan des procès tenus la veille. 

La rédaction de Mediapart

Au moins 152 personnes, accusées d'avoir participé fin avril à des manifestations non autorisées contre le pouvoir, ont écopé de 2 à 5 ans de prison en Égypte, ont indiqué, dimanche 15 mai, des sources judiciaires, dans un nouveau bilan des procès tenus la veille.  Les organisations internationales de défense des droits de l'homme accusent le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de diriger un régime ultra-autoritaire et de réprimer violemment toute opposition ou même critique depuis qu'il a destitué, en 2013, son prédécesseur islamiste, Mohamed Morsi.

Samedi, 51 personnes avaient été condamnées à deux ans de prison par un tribunal du Caire pour « manifestations sans autorisation » et « attroupements ». Tard le soir, un autre tribunal en a condamné 79, puis 22 autres, à cinq années de prison pour les mêmes motifs, ont indiqué des responsables du parquet, du tribunal et des avocats de la défense. Ils avaient été arrêtés le 25 avril au cours ou en marge de petites manifestations à l'appel de mouvements d'opposition laïcs et libéraux, qui entendaient protester notamment contre la rétrocession à l'Arabie saoudite, par le gouvernement, de deux îles de la mer Rouge, un prétexte pour manifester contre la répression et la dégradation du pouvoir d'achat, selon les experts. Or depuis un décret présidentiel, devenu loi à l'automne 2013, toute manifestation ou rassemblement qui n'a pas été expressément autorisé par le ministère de l'intérieur est illégal en Égypte.

La plupart des condamnés sont âgés de 20 à 25 ans, ont assuré plusieurs de leurs avocats, qui feront appel de ces jugements. Selon eux, nombre de condamnés ont été arrêtés sans discrimination dans la rue ou des cafés alors qu'ils ne participaient à aucune manifestation.

Ces manifestations du 25 avril, très limitées, avaient réuni peu de monde au Caire car d'imposants effectifs de la police et de l'armée quadrillaient la capitale et que les forces de l'ordre avaient lancé, dans les jours précédents, une importante vague de rafles préventives dans les milieux des mouvements de jeunes opposants. Elles avaient été rapidement dispersées à coups de grenades lacrymogènes. 

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