La Colombie vote, et fait la guerre

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Malgré l’accord de paix signé entre le gouvernement et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la guerre continue de faire rage dans plusieurs régions du pays. À la veille du deuxième tour de l'élection présidentielle, dimanche 17 juin, Mediapart s'est rendu dans le Catatumbo, frontalier avec le Venezuela, où guérillas, abandon de l’État et plantations de coca nourrissent le conflit.

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Catatumbo (Colombie), envoyée spéciale.– D’abord, trois explosions ont ébranlé les airs. Puis le claquement sec des rafales de fusil. Les combats viennent de reprendre, autour du village de Mesitas, juste au moment où un groupe d’écoliers en uniforme empruntait la route caillouteuse vers les campagnes alentour. Dès les premiers échanges de tirs, les habitants ont couru se réfugier devant les maisons qui forment le centre du hameau. Un homme pointe du doigt les hauteurs, où se détachent les surfaces vert vif des champs de coca. « Ils tirent de cette montagne, et de l’autre côté les autres répondent. » Les guérilleros de l’EPL, comme ceux de l’ELN, les deux groupes armés qui s’affrontent, sont invisibles, cachés dans les îlots de végétation encore vierge.