Argentine: une quatrième vague féministe?

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Le 8 août 2018, le Sénat a finalement rejeté la proposition de loi pour la légalisation de l’avortement en Argentine proposée par la Campagne pour le droit à l’avortement légal, gratuit et sûr. Croire de ce fait que les centaines de milliers de femmes mobilisées ont perdu serait réducteur.

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L’Argentine connaît une lame de fond féministe qui submerge le pays. Plusieurs éditorialistes argentins ont d’ailleurs parlé d’une « révolution des filles » – car les jeunes filles de 13 à 20 ans sont motrices dans ce mouvement : « Les filles qui occupent, majoritairement, les rues, les collèges, les métros, les bus, les places, les repas de familles, les réseaux sociaux, ont moins de 25 ans. » Le 13 juin, elles sont un million à veiller devant le Congrès quand les députés doivent se prononcer sur le projet de loi. Le 1er août, elles organisent par exemple une opération araignée dans le métro de Buenos Aires et chaque ligne évoque un aspect essentiel pour la mobilisation : « La ligne A met en scène la revendication de la loi dans une perspective de droits humains exigeant le droit à décider pour nos propres corps » ; « La ligne D exige l’éducation sexuelle intégrale pour découvrir, la pilule contraceptive pour profiter et l’avortement légal pour décider en toute liberté et pour faire un monde habitable pour tout·e·s ».