A Rio, l’assassinat de Marielle Franco révèle la toute-puissance des milices

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Depuis la mort de la conseillère municipale issue des favelas et figure militante des droits de l’homme, tuée dans sa voiture, la cité carioca manifeste contre la corruption policière. Un premier test pour le général Braga Netto, qui vient d’être nommé à la tête de la sécurité publique de l’État.

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Rio de Janeiro, de notre correspondant. - Ce mercredi soir, Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro (Psol), revient d’une réunion dans le centre-ville. Une de plus pour cette femme noire et lesbienne, entrée en politique 13 ans plus tôt, à la suite de la mort d’une de ses amies, victime d’une balle perdue. Contrairement à ses habitudes, elle monte à l’arrière de sa Chevrolet blanche. Lorsque son chauffeur démarre, un homme passe un coup de téléphone puis entre dans une voiture, qui la prend en filature. Quatre kilomètres plus loin, le véhicule se positionne à sa hauteur et un tireur fait feu à 13 reprises sur la vitre arrière teintée. Il touche quatre fois Marielle à la tête, et trois fois Anderson Gomes, son chauffeur occasionnel, qui se trouvait dans l’axe du tir. Tous deux succombent mais l’attachée de presse présente à leurs côtés s’en sort indemne.