En Espagne, les écolo-communistes votent Syriza

Par

Le scrutin grec est suivi de près en Espagne, en particulier au sein de la gauche radicale. Entretien avec Alberto Garzon, figure du mouvement indigné, devenu le plus jeune député de l'Assemblée espagnole, pour la Gauche unie. Il voit dans l'élection grecque « une lutte entre les forces du marché et celles de la démocratie ».

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De notre envoyé spécial à Madrid,

Il pourrait devenir l'Alexis Tsipras espagnol, référence au charismatique leader de Syriza, ce parti de gauche radicale grecque, qui fait trembler la zone euro. Né en 1985, Alberto Garzon est devenu, lors des élections générales de novembre, le plus jeune élu au sein des Cortes à Madrid. Ce professeur d'économie est l'un des 11 députés de la Gauche unie (Izquierda unida, IU), cette coalition d'écolo-communistes qui a su surfer sur le mouvement indigné pour monter en puissance, et quasiment doubler son poids électoral lors du dernier scrutin (6,8 %).

Au printemps 2011, Alberto Garzon fut d'ailleurs l'un des animateurs du mouvement du 15-mai (« 15-M ») en Andalousie. Il tente, depuis, de jouer sur les deux tableaux : présence institutionnelle à Madrid, et implication dans les mouvements sociaux depuis son fief de Malaga. Dans un entretien à Mediapart, il explique pourquoi il croit à un « devenir Syriza » de la Gauche unie espagnole.

Que pensez-vous du plan de sauvetage des banques espagnoles, estimé à environ 100 milliards d'euros ?
C'est un plan qui permet aux créanciers privés de sauver leur peau, et d'éviter aux banques espagnoles la faillite. Le gouvernement fait comme s'il ne s'agissait pas d'un véritable sauvetage, mais l'Union européenne a déjà fait savoir qu'il y aurait bien des conditions associées ce prêt. Par exemple une hausse de la TVA, ou une nouvelle réforme des retraites. Dans tous les cas, ce plan d'aide ne résout absolument rien. Il ne fait que combler des trous.

Le fond de l'affaire, c'est que l'économie espagnole n'est pas compétitive, et qu'elle n'est plus capable de produire de la croissance, après les plans d'austérité à répétition. Et donc le plus probable, si nous restons sur les mêmes logiques, c'est que l'on en vienne à demander un plan de sauvetage pour le pays tout entier, plus important, similaire à ce qu'il s'est passé en Grèce ou au Portugal.