Europe: Ashton et le naufrage d'une diplomatie commune

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Le Service extérieur de l'Union européenne, piloté par Catherine Ashton, sous le feu des critiques depuis sa naissance il y a un an. La diplomatie européenne souffre surtout de l'absence d'un véritable projet politique.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles,
Un an après son lancement, le « SEAE », fer de lance de la diplomatie de l'Union, n'a toujours pas décollé. Innovation du Traité de Lisbonne, le Service européen pour l'action extérieure, dirigé par la Britannique Catherine Ashton, devait enfin installer une vraie politique extérieure et de sécurité de l'Union. Il est devenu l'un de ces objets en apesanteur dont Bruxelles a le secret, au fonctionnement complexe, à l'efficacité douteuse, sous le feu permanent des critiques. A l'image d'une Europe à bout de souffle, qui peine à profiter de la crise pour se réinventer.
Catherine Ashton elle-même ne s'en cache pas. Malmenée à Bruxelles, l'ancienne travailliste britannique propulsée Haute représentante a publié, début janvier, un rapport de treize pages en forme d'autocritique (à télécharger ici). Elle n'avait pas trop le choix. Quelques semaines plus tôt, douze ministres des affaires étrangères formulaient, dans une lettre dont l'initiative revient aux Allemands, des propositions pour améliorer le fonctionnement de son administration, manière d'épingler, en creux, les failles béantes du service. Alain Juppé fait partie des signataires.