Climat : les pays en développement dénoncent un nouvel apartheid

La colère des pays en développement contre le brouillon d'accord sur le climat a éclaté à Bonn, en ouverture de la dernière semaine de discussion avant l’ouverture de la COP21, à Paris.

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La dernière semaine de discussion pour préparer un accord international contre le dérèglement climatique avant l’ouverture du sommet de Paris, la COP21, s’est ouverte lundi 19 octobre à Bonn dans une tension paroxystique. Les pays en développement, représentés par le G77 + la Chine, ont accusé les deux co-présidents de la négociation, l’Algérien Ahmed Djoghlaf et l’Américain Daniel Reifsnyder, de n’avoir pas pris en compte leurs demandes dans leur brouillon d’accord, et d’avoir produit un texte au service des intérêts des pays riches. Dans la foulée, ils ont exigé que leurs propositions soient réintégrées.
Alors que les co-présidents leur demandaient de justifier oralement ces ajouts afin de choisir lesquels seraient intégrés au projet d’accord, l’Afrique du Sud les a accusés de se comporter comme sous le régime de l’apartheid, quand les victimes du racisme devaient justifier qu’elles étaient les égales des Blancs et avaient le droit de vote. Nozipho Mxakato-Diseko, la représentante sud-africaine, parlant au nom des 134 États du G77 a ajouté : « On dirait que vous vous opposez à nous et négociez avec nous plutôt que d’aider à cette discussion. » À ses yeux, « pour le G77, ce texte semble vouloir réécrire, ré-interpréter et remplacer la convention [de l’ONU sur le changement climatique - ndlr]. Il menace les intérêts des pays en développement ». Le négociateur en chef des petits États insulaires, Amjad Abdulla, a déclaré qu’en l’état le brouillon d’accord était « une injustice ».
Même à l’ONU, où les plénières sur le climat sont souvent l’occasion de passe d’armes spectaculaires, de telles accusations sont rares. La référence à l’apartheid, accusation suprême de la part des pays en développement, et en particulier dans la bouche de la déléguée sud-africaine, marque un niveau de colère et de contestation de la part du G77 + la Chine jamais vu depuis la conférence de Copenhague en 2009. Au bout d’un peu plus de deux heures, les co-présidents ont accepté que tous les États ajoutent au brouillon d’accord leurs propositions, sans discussion préalable. C’est ainsi que 50 « insertions chirurgicales » (d’une à deux pages chacune) ont été agrégées au texte en discussion. Voici le nouveau brouillon d’accord, mis en ligne sur le site de l’ONU dans la nuit de lundi à mardi: 

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