Entre l’Iran et l’Irak: les kolbars ne plient pas

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La revue Ballast est allée sur la frontière montagneuse qui sépare le Kurdistan entre l’Irak et l’Iran, à la rencontre des kolbars – kol, « le dos », et bar, « la marchandise » – qui traversent les montagnes et cheminent à leurs risques et périls entre les frontières iraniennes et irakiennes, charriant à dos d’homme ou de mule toutes sortes de biens.

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Décembre 2019. Tandis que le pouvoir théocratique iranien continue de réprimer, des plus violemment, la mobilisation initiée le mois dernier contre la vie chère et le régime tout entier, un adolescent vient d’être retrouvé mort, enseveli sous la neige. Farhad, 14 ans, kolbar. Kolbar ? C’est le nom donné à celles et ceux qui franchissent illégalement les frontières régionales afin de transporter des marchandises pour survivre. L’essentiel d’entre les kolbars vivent au Rojhelat, le Kurdistan iranien. Si la plupart sont des hommes, on compte quelques femmes, sans autres sources de revenus. Une activité dangereuse et tout sauf marginale : s’y livre jusqu’à une centaine de milliers de personnes.