Visite historique d’Obama au Viêtnam

Barack Obama entame lundi sa première visite au Viêtnam en vue de sceller une alliance avec l'ancien ennemi des Etats-Unis dans une stratégie de « rééquilibrage » régional en Asie pour faire contrepoids à la puissance chinoise.

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Barack Obama entame lundi sa première visite au Viêtnam en vue de sceller une alliance avec l'ancien ennemi des Etats-Unis dans une stratégie de « rééquilibrage » régional en Asie pour faire contrepoids à la puissance chinoise. Le président des Etats-Unis passera trois jours au Viêtnam, où il défendra des liens resserrés en matière de défense et d'économie avec le régime communiste, a dit son équipe. Ce séjour inhabituellement long marque l'importance accordée à Hanoï, où Barack Obama est arrivé dimanche soir.

Vestige du conflit entre les deux pays, le Viêtnam fait toujours l'objet d'un embargo sur les armes, et sa levée est abondamment discutée à l'approche de l'arrivée d'Obama. Une telle mesure est susceptible d'irriter Pékin, qui voit d'un mauvais œil les efforts américains pour renforcer ses alliances militaires à l'heure où les tensions montent dans la zone disputée de mer de Chine du Sud.

La levée de l'embargo était encore à l'étude par les responsables américains dimanche soir, au moment de l'arrivée d'Obama.
La plupart des conseillers du président sont a minima en faveur d'un assouplissement de l'embargo, et expliquent que Washington doit donner la preuve de sa bonne volonté à Hanoï si elle entend construire une alliance dissuasive face à la Chine, rapportent des sources proches du dossier.

Dernier incident en date, la semaine dernière, les autorités chinoises ont demandé à Washington de cesser les vols de reconnaissance près de la Chine, après l'interception par deux chasseurs chinois d'un appareil américain au-dessus de la mer de Chine méridionale.

« Personne ne se fait d’illusions», a dit Evan Medeiros, ex-conseiller d'Obama spécialiste de l'Asie. « Ce voyage envoie des signaux importants à la Chine quant à l'activisme des Etats-Unis dans la région, et son inquiétude grandissante quant au comportement chinois. » Outre les considérations militaires, le bilan en matière de droits de l'homme du Viêtnam reste un point de friction.

Les responsables américains sont soucieux de garder des moyens de pression pour encourager le pays à adopter des réformes politiques, quand les ONG qualifient le régime d'un des plus répressifs au monde. Toute levée de l'embargo – qui constituerait une victoire pour Hanoï – doit donc être faite au cas par cas, pour chaque vente d'armes, et attachée à des considérations en matière de droits de l'homme, ont expliqué plusieurs responsables.