L’attentat de Manchester, un tournant dans la stratégie de l'Etat islamique

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L'attentat de Manchester, après celui de Londres, est sans doute le signe que l’EI a compris que la base territoriale dont il disposait, à cheval sur l’Irak et la Syrie, était amenée à disparaître. Dès lors, il ne lui reste plus que les attentats.

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Il était l’un des cerveaux présumés des attentats de novembre 2015 à Paris et de bien d’autres en Europe. Tué le 31 août 2016, près d’Al-Bab, sur la frontière syro-turque, Abou Mohammed al-Adnani n’était pas que le responsable des opérations terroristes de l’État islamique (EI). Cet ancien maçon syrien était aussi son porte-parole, le responsable de sa propagande et l’un de ses théoriciens. Il s’était fait connaître, dès septembre 2014, en exhortant chaque musulman à tuer « un incroyant américain ou européen ­– en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout [...] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l'État islamique ». Il avait même recommandé de les tuer « de n'importe quelle manière » : « Si vous ne pouvez pas trouver d'engin explosif ou de munitions, alors isolez l'Américain infidèle, le Français infidèle, ou n'importe lequel de ses alliés. Écrasez-lui la tête à coups de pierres, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le. »