Paris, 9 janvier 2013. Trois femmes sont abattues dans les bureaux du Centre d’information du Kurdistan au 147, rue La Fayette (Xe). Sakine Cansiz (54 ans), cofondatrice du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en 1978, bénéficiait du statut de réfugié politique ; Leyla Saylemez (25 ans) venait de séjourner deux ans dans les zones de guérilla à la frontière turco-irakienne. La troisième, Fidan Dogan (29 ans), était connue des cénacles politiques français comme porte-parole de la résistance kurde. Le rapport médico-légal remis aux juges antiterroristes a réduit son histoire à une dizaine de lignes ainsi résumées : « L’autopsie concluait à une mort par plaies crânio-encéphaliques par projectiles d’armes à feu, avec cinq passages décelés, dont un frontal gauche et deux autres en pariétal postérieur droit… » Une synthèse clinique bien éloignée du souvenir que les militants s’évertuent à entretenir de Rojbin, son pseudonyme au sein du Congrès national du Kurdistan (KNK).