«Il y a encore des dizaines de cadavres dans les rues de Mossoul»

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Enquêtrice pour Amnesty International, Donatella Rovera revient d’Irak et de Raqqa, en Syrie. Elle raconte le désespoir des populations abandonnées à leur sort après la défaite de l’État islamique. Et leur souffrance de ne pas être considérées comme des victimes.

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Enquêtrice d’Amnesty International depuis plus de vingt ans, et conseillère spéciale de cette organisation pour les situations de crise, Donatella Rovera a travaillé essentiellement dans les pays en conflit, de l’Algérie dans les années 1990 aux territoires palestiniens, du Sud-Soudan au Sud-Liban, de la Somalie à la Centrafrique, en Côte d’Ivoire, en Libye et plus récemment en Syrie et Irak. En juillet 2014, après la conquête de Mossoul par l’État islamique, elle s’était rendue secrètement dans la grande ville irakienne pour interroger ses habitants. Elle en revient à nouveau et est allée aussi enquêter à Raqqa, l’ancienne capitale de l’État islamique en Syrie, sur l’impact des opérations militaires sur les civils. Elle raconte aujourd’hui le sentiment des populations, accablées par les destructions et la souffrance de ne pas être considérées comme des victimes.