Bacevich: «Recourir à la force contre l'Etat islamique ne fait qu'aggraver la situation»

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Alors que s'intensifie la guerre contre l'État islamique, nous avons interrogé l’historien militaire et ex-officier américain Andrew Bacevich. Il se montre très critique vis-à-vis de cette approche essentiellement militaire de la lutte contre l'organisation djihadiste. Et il s'inquiète d'un interventionnisme contre-productif qui depuis vingt ans accumule les échecs. 

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New York, correspondance. La guerre contre l’État islamique (ou Daech) s’intensifie. Dans la nuit de lundi à mardi, les États-Unis ont déclenché une première série de frappes contre les positions de l’organisation djihadiste en Syrie, sans l'aval du gouvernement syrien de Bachar al-Assad ni du conseil de sécurité de l'ONU. Les États-Unis ont été aidés par cinq pays arabes « partenaires », comme l’a expliqué Barack Obama lors son allocution télévisée, mardi, citant Bahrein, la Jordanie, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes. Il a justifié ces frappes en expliquant que les États-Unis ne voulaient laisser aucun « sanctuaire » aux djihadistes.