Ecrire, pour «détruire le mur d’indifférence qui entoure le Yémen»

Par Laurent Bonnefoy (En attendant Nadeau)

Moins que la guerre du Yémen, ce sont les voix du Yémen qui demeurent cachées ou oubliées. Ainsi l’entreprise de traduction depuis l’arabe de textes d’intellectuels yéménites portée par l’anthropologue Franck Mermier est-elle salutaire.

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Rendre accessible au public francophone le point de vue de ceux qui, au Yémen, sont aux premières loges du conflit qui a causé plus de 50 000 morts depuis mars 2015 apparaissait comme une nécessité. Ce projet devait contribuer à corriger l’injustice d’un silence qui s’est imposé, privant la majorité des Yéménites d’accès à l’espace public et au débat sur « leur » guerre. Dans les médias arabes, la mainmise financière des États du Golfe, responsables des bombardements sur le pays, biaise elle-même les discours et prive trop souvent les Yéménites de leur subjectivité. « Il semblerait que nous ne fassions pas partie du monde », écrit le journaliste Jamal Jubran dans un beau texte ici offert aux lecteurs.