Ukraine: deux ans après, le drame d'Odessa reste un massacre sans coupables

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La justice ukrainienne n'a toujours pas fait la lumière sur l'incendie de la Maison des syndicats à Odessa. Le 2 mai 2014, 42 manifestants anti-Maïdan étaient morts après s'être retranchés dans le bâtiment pour échapper à des activistes pro-Kiev. L'une des pages les plus noires du conflit en Ukraine continue à nourrir les théories du complot de part et d'autre. Elle s'est invitée cette semaine à l'ONU à Genève.

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De notre correspondante à Genève.- Saura-t-on un jour ce qui s’est vraiment passé à la Maison des syndicats d’Odessa, ce 2 mai 2014 ? Selon le bilan officiel, 42 personnes, dont des femmes et de jeunes hommes, qui participaient à une manifestation anti-Maïdan, sont mortes, pour la plupart asphyxiées, brûlées vives ou en sautant par la fenêtre, prises au piège dans le bâtiment en feu, alors que des activistes pro-Kiev les pourchassaient et lançaient des cocktails Molotov. Quelques heures auparavant, dans le centre-ville, de violents combats dont le déclenchement et la chronologie exacts ne sont toujours pas établis les avaient opposés, faisant six morts par balle dans les deux camps. Des images d'une sauvagerie inouïe – des gens pris au piège des flammes appelant à l’aide, des blessés sortant du bâtiment et rossés de coups, des corps carbonisés – avaient alors circulé sur les réseaux sociaux et sur YouTube, diffusées en boucle sur les télévisions russes.