A Tunis, avec la famille de Yoav Hattab, mort dans les attentats de Paris

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Le jeune Tunisien a été tué dans l'Hyper Cacher le 9 janvier à Paris. En Tunisie, la situation des juifs demeure contradictoire, entre coexistence millénaire, sentiment fort d’attachement à leur pays de naissance et craintes que ne prolifèrent les agressions antisémites. De notre envoyé spécial.

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Tunis, de notre envoyé spécial -. C’est un petit bar à chicha à La Goulette, près de la mer, en banlieue de Tunis. Avishay Hattab aime y siroter son thé aux amandes, face à la télévision. Ce samedi soir, la nuit vient de tomber et le salon est vide. Lentement, le jeune homme sort son téléphone, nous le montre : « Regardez, j’ai envoyé des messages à Yoav sur Whatsapp, le vendredi 9 à 14 heures (jour de la prise d’otages de l’Hyper Cacher à Paris – ndlr), “Yoav, tu es où ? Réponds” ; et un autre message : “Alors ? Réponds. Ne me fais pas peur, s’il te plaît.” Depuis sa mort, je lui envoie de temps en temps des messages, pour le sentir, pour sentir qu’il est là. Ce n’est pas facile. »