Chemnitz: La justice allemande ouvre une enquête sur la fuite d'un mandat d'arrêt

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La justice allemande a ouvert une enquête mercredi sur la fuite d'un mandat d'arrêt à l'encontre d'un Irakien de 22 ans accusé d'avoir tué un Allemand à Chemnitz, dont la mort avait entraîné des manifestations marquées par des heurts dans cette ville du Land de Saxe.
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BERLIN (Reuters) - La justice allemande a ouvert une enquête mercredi sur la fuite d'un mandat d'arrêt à l'encontre d'un Irakien de 22 ans accusé d'avoir tué un Allemand à Chemnitz, dont la mort avait entraîné des manifestations marquées par des heurts dans cette ville du Land de Saxe.

Le ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer, a déclaré que les autorités judiciaires devaient utiliser tous les moyens mis à sa disposition pour répondre à cette fuite de documents confidentiels.

Six mille membres de l'extrême droite, dont de nombreux "hooligans" venus d'autres régions d'Allemagne, se sont rassemblés lundi soir à Chemnitz pour dénoncer le meurtre. Des heurts ont éclaté avec des contre-manifestants et la police.

Dimanche déjà, 800 manifestants d'extrême droite s'étaient rassemblés dans cette ville de l'est de l'Allemagne pour réclamer justice à la suite d'une altercation au cours de laquelle un homme de 35 ans a été tué et deux autres, âgés de 33 et 38 ans, ont été blessés.

Les critiques fusent en Allemagne sur une possible collusion entre la police allemande et les partis anti-migrants ou sur les causes de la diffusion de cette copie, publiée afin de jeter de l'huile sur le feu et attiser la haine contre les migrants.

Selon le vice-chef du gouvernement régional de Saxe, Martin Dulig, la fuite pourrait venir de la police ou des autorités judiciaires. "Nous sommes confrontés à un gros problème", a-t-il dit à la chaîne de télévision MDR.

Le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) et Pégida, le parti anti-islam, ont fait savoir qu'ils marcheraient de nouveau samedi dans les rues de Chemnitz pour "honorer la mémoire de Daniel H. (la victime) et les autres personnes tuées par la multiculturalisation forcée de l'Allemagne".

Le fondateur de Pégida, Lutz Bachmann, a été l'un des premiers à partager sur les réseaux sociaux mardi soir la copie du mandat d'arrêt, avec le groupuscule local d'extrême droite, Pro Chemnitz, et un membre local de l'AfD.

L'arrivée de centaines de milliers de migrants et réfugiés venus du Proche-Orient, en 2015, a alimenté des sentiments xénophobes et permis à des organisations ou partis d'extrême droite comme Pegida et AfD d'avoir le vent en poupe.

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