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Mediapart ven. 30 sept. 2016 30/9/2016 Édition de la mi-journée

Les attentats de Bruxelles fragilisent les indépendantistes flamands

30 mars 2016 | Par Ludovic Lamant

Le ministre de l’intérieur belge Jan Jambon, membre du N-VA (indépendantistes flamands), est contesté sur l’un de ses terrains de prédilection, la sécurité. Le patron de la N-VA a choisi l’attaque pour se défendre, quitte à faire vaciller les équilibres du royaume.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles.- On aurait pu penser que les attentats de Bruxelles allaient au moins avoir cet effet vertueux-là : ressouder un pays de 11 millions d’habitants, au bord de l’éclatement depuis des années, écartelé entre un Sud francophone (la Wallonie), un Nord néerlandophone (la Flandre), une capitale indépendante (Bruxelles) et une minorité germanophone. Mais les appels à l’unité nationale ont fait long feu. Dès le lendemain des attaques, un Bart De Wever tonitruant expliquait avoir « la rage de savoir qu’une telle chose peut se produire ». Le patron des indépendantistes flamands, à la tête de la N-VA, la première formation politique de Flandre, n’hésitait pas, déjà, à pointer du doigt des responsables et diviser la population, regrettant que les suspects « continuent souvent à bénéficier de soutien au sein de leur propre communauté ».

Dimanche, c’est une manifestation de hooligans sur les lieux du mémorial aux victimes des attentats de Bruxelles qui a crispé un peu plus le débat public. Le bourgmestre de la ville de Bruxelles (l’une des 19 communes de la région Bruxelles-capitale), Yvan Mayeur (PS), a accusé son homologue de la ville de Vilvorde (en territoire flamand), d’où ces supporteurs venaient, mais aussi le ministre de l’intérieur belge, le Flamand Jan Jambon (NVA), de n’avoir rien fait pour empêcher ces ultranationalistes de rejoindre le centre de Bruxelles : « C’est la Flandre qui est venue salir Bruxelles avec ses extrémistes, le fond de commerce de la N-VA », a-t-il lancé, déclenchant une polémique qui courait encore mardi soir. De Wever a refusé de signer un communiqué conjoint des principaux partis flamands, condamnant les débordements des hooligans.

Dans ce climat délétère, la N-VA est à nouveau pointée du doigt. À première vue, le parti nationaliste flamand, grand vainqueur des élections générales de mai 2014 (20,3 % des voix à l'échelle de toute la Belgique), se trouve dans une situation plutôt inconfortable. L’une de ses figures, le ministre de l’intérieur Jan Jambon, est en pleine tourmente. Depuis une semaine, la liste des dysfonctionnements des services de sécurité belges ne cesse de s’étendre, et l’image de sérieux de la N-VA risque d’en prendre un coup.