Egypte: une abstention massive fragilise l'élection du général Sissi

Par Claire Talon

Stupeur dans le camp des partisans des militaires : malgré un scrutin présidentiel qui a duré trois jours, les Égyptiens ont boudé les urnes et en partie privé le général Sissi du triomphe attendu. Son résultat officiel – 93 % des voix – ne fait que démontrer la restauration d'un régime militaire dans un pays en profonde crise.

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Le Caire, correspondance. « Mieux vaut un mensonge logique qu’une vérité incompréhensible » (« Kezb mesawi wala sodq mlakhbat »). Le dicton fétiche des fonctionnaires égyptiens, qui en ont fait depuis des décennies un principe de gouvernement, rend parfaitement compte du résultat des élections présidentielles. Après que les médias se sont lamentés pendant trois jours de voir les bureaux de vote désespérément vides, la Commission aux élections présidentielles (CEP) a finalement déclaré jeudi 29 mai que le taux de participation atteignait en fait 47,3 %. Le résultat n'est certes pas à la hauteur des ambitions proclamées du général Al Sissi (il avait affirmé pouvoir faire voter 80 % des électeurs), mais il sauve celui qui prétend régner sur le cœur des Égyptiens depuis qu’il a évincé les Frères musulmans du pouvoir, porté par une immense vague populaire, le 3 juillet 2013.