Enfants et réfugiés: l’horreur de Moria chroniquée par les éducateurs de l’ONU

Par Stavros Malichudis, Leila Minano et Iliana Papangeli (Investigate Europe)

En Grèce, dans les cendres du camp de réfugiés rasé par les flammes en septembre, nous avons retrouvé le journal de bord tenu, depuis l’intérieur de la « zone mineurs », par les éducateurs de l’OIM, organisation affiliée à l’ONU. Toute la violence dans laquelle ces enfants étaient plongés s’y retrouve consignée. Un document exclusif.

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Il fait froid, ce matin du 18 novembre 2018, sur l’île de Lesbos, en Grèce. Moria, l’immense camp de réfugiés et ses presque 5 000 nouveaux arrivants, se réveille les pieds dans la boue, sous les tentes dégoulinantes de pluie. Fanis*, éducateur de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence affiliée à l’ONU, pénètre dans la « zone sécurisée », l’espace barbelé réservé aux mineurs isolés. Le travailleur social pousse la porte de la réserve et découvre un rat mort dans une caisse à mandarines. Ce n’est pas la première fois que la vermine s’introduit dans les grands conteneurs qui servent de lieux de vie, mais le professionnel persiste à noter la même phrase sur le journal de bord : « Grave problème avec les rats et danger de transmission de maladies aux bénéficiaires ainsi qu’au personnel. »