Un treillis mieux adapté au combat pour les soldats en "Opex"

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Les militaires français engagés au Sahel bénéficient depuis la mi-janvier d'un nouveau treillis appelé à équiper l'ensemble des personnels en opérations extérieures d'ici à 2020, une tenue "mieux adaptée au combat" et désormais ignifugée.
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PARIS (Reuters) - Les militaires français engagés au Sahel bénéficient depuis la mi-janvier d'un nouveau treillis appelé à équiper l'ensemble des personnels en opérations extérieures d'ici à 2020, une tenue "mieux adaptée au combat" et désormais ignifugée.

Le "F3", dont une première commande de 20.000 pièces a été receptionnée par l'armée en décembre 2018, est une production majoritairement française, à partir d'une fibre (aramide) résistante au feu et aux déchirures développée dans les laboratoires de la société Kermel à Colmar (Haut-Rhin).

L'actuelle tenue Félin, dont les pantalons larges combinaient pour nombre de militaires style et inconvénient des "baggies" des skateboarders, laisse place à une coupe plus ajustée qui permet notamment une meilleure protection contre le "blast", l'effet de souffle d'une explosion sur le corps humain.

"On s'est rendu compte que les différentes poches d'air qui peuvent être créées dans le treillis pouvaient occasionner des surpressions locales dans le corps et de graves dommages en cas de phénomène de surpression après une explosion,", a expliqué jeudi le commandant Mathieu, de la division programme de l'état-major de l'armée de Terre, lors d'un point de presse.

Le tissu du nouveau treillis résiste en outre au feu pendant une durée de sept secondes, "à peu près le temps qu'il faut pour extraire un personnel d'un véhicule en flammes", a-t-il précisé.

DES RANGERS QUI FONDENT

Il est adapté au gilet pare-balles de nouvelle génération (structure modulaire balistique, SMB), qui doit équiper l'ensemble de la force opérationnelle terrestre d'ici à 2024.

Selon l'état-major, les premiers retours du terrain "sont extrêmement positifs".

Le coût du nouveau treillis est de 125 euros, dans un paquetage d'un total de 2.000 euros sans le gilet pare-balles.

L'obsolescence ou l'inadaptation du "petit équipement" des armées françaises aux opérations extérieures, en Afghanistan ou en Afrique particulièrement, sont des griefs de longue date des militaires sur le terrain. La nouvelle LPM fait de "l'amélioration des conditions d'exercice du métier des armes" l'une des priorités de l'exécutif français.

Nombreux sont les témoignages de soldats français achetant sur leurs fonds propres des équipements pour compléter un paquetage défaillant, ou les retours d'expérience fâcheux, à l'image des rangers des troupes de la mission Serval (janvier 2013-juillet 2014) au Mali, préfiguration de Barkhane, qui fondaient par 50 degrés dans l'Adrar des Ifoghas.

Le général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de Terre, a plaidé à plusieurs reprises en 2018 pour un effort budgétaire - estimé à 15 millions d'euros - en faveur d'une nouvelle tenue de sport afin de remplacer le "survêtement bleu en acrylique qui vous met en légère sudation à peine monté dans le bus".

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